Mediterranean Gardening France

FAQ

Category: Plant Articles

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Plants for Difficult Situations – A Talk by Christian Mistre
Des plantes pour des situations difficiles – Un discours de Christian Mistre

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Christian Mistre of Pépinière La Soldanelle was an ideal choice of speaker on this ticklish topic, since he specialises in plants which will tolerate the fairly extreme conditions in his nursery, with 40°C summer temperatures falling to -8 or even -12°C in winter, not to mention the Mistral.

Christian Mistre de la Pépinière La Soldanelle était un choix idéal d’intervenant sur ce sujet difficile, puisqu’il se spécialise dans les plantes qui toléreront les conditions assez extrêmes de sa pépinière, avec des températures estivales de 40°C tombant à -8 voire -12°C en l’hiver, sans oublier le mistral.

Christian’s approach was to examine different difficult situations experienced by members, on the basis that understanding them would enable us to deal better with them. He explained that a plant has no option if it finds itself in a challenging spot – it can’t move (except by sending out seeds), and so must either adapt or perish. A plant’s ability to adapt is affected by numerous criteria, extremes of climate, soil types and so on, and Christian used photographs which many of us had sent to him to illustrate his themes.

L’approche de Christian était d’examiner différentes situations difficiles vécues par les membres, en partant du principe que leur compréhension nous permettrait de mieux les gérer. Il a expliqué qu’une plante n’a pas d’option si elle se trouve dans un endroit difficile – elle ne peut pas bouger (sauf en envoyant des graines) et doit donc s’adapter ou périr. La capacité d’adaptation d’une plante est affectée par de nombreux critères, des climats extrêmes, des types de sols, etc., et Christian a utilisé des photographies que beaucoup d’entre nous lui avaient envoyées pour illustrer ses thèmes.

He pointed out that we cannot see the conditions below the surface of the soil, but we can work them out using the evidence of what grows where. On rocky ground, even large trees can survive, with their roots seeking out fissures in rock to find whatever soil is available. Thus, a line of trees growing in otherwise unpropitious circumstances would indicate sufficient soil which we might exploit for other plants.

Il a souligné que nous ne pouvons pas voir les conditions sous la surface du sol, mais que nous pouvons les deviner en utilisant indications de ce qui pousse où. Sur un sol rocheux, même de grands arbres peuvent survivre, leurs racines cherchant des fissures dans la roche pour trouver n’importe quel sol disponible. Ainsi, une ligne d’arbres poussant dans des circonstances par ailleurs peu propices indiquerait un sol suffisant que nous pourrions exploiter pour d’autres plantes.

It is often difficult to know what lies below the surface / Difficile de connaître sous-sol

In a natural rocaille, plants will find places to survive, so we might learn from this by creating planting pockets in rocky ground, using plug plants and sowing seeds. He warned that we might encounter around a 50% failure rate but reassured us that each failure is important, as it helps us to understand the requirements of each plant.

Dans une rocaille naturelle, les plantes trouveront des endroits pour survivre, nous pourrions donc en tirer des leçons en créant des poches de plantation dans un sol rocheux, en utilisant des plantes en mottes et en semant des graines. Il a averti que nous pourrions rencontrer un taux d’échec d’environ 50%, mais nous a rassurés sur le fait que chaque échec est important, car cela nous aide à comprendre les exigences de chaque plante.

A natural-style rockery / Une rocaille naturelle

Pine trees, a bugbear for many, manage to kill off most plants in the surrounding earth due to a combination of both deep and shallow roots and a constant drop of needles exuding acidic substances. Moreover, a 70-year-old pine will consume 300-400 litres of water per day. However, Christian made the point that the pine is the pioneer plant par excellence. Forestry authorities endeavouring to replant after large-scale fires have found that no other tree will grow on burned ground, so pines go in first to create a humus cover ready for subsequent more diverse planting. In the garden, one solution is to underplant with tough plants such as Pistacia lentiscus or rosemary – MGF members have compiled a list of plants suitable for growing under pine trees.

Les pins, un cauchemar pour beaucoup, parviennent à tuer la plupart des plantes dans la terre environnante en raison d’une combinaison de racines profondes et peu profondes et d’une chute constante d’aiguilles exsudant des substances acides. De plus, un pin de 70 ans consommera entre 300 et 400 litres d’eau par jour. Cependant, Christian a fait valoir que le pin est la plante pionnière par excellence. Les autorités forestières qui tentent de replanter après des incendies à grande échelle ont constaté qu’aucun autre arbre ne pousserait sur un sol brûlé, les pins entrent donc en premier pour créer une couverture d’humus prête pour une plantation ultérieure plus diversifiée. Dans le jardin, une solution consiste à planter en dessous des plantes coriaces telles que Pistacia lentiscus ou romarin – les membres du MGF ont compilé une liste de plantes adaptées à la culture sous les pins.

A combination of both deep and shallow roots / Une combinaison de racines profondes et peu profondes
Emergent pine tree roots / Pin en sol superficiel

A widespread difficult situation is the steep bank, usually in full sun, providing both hot and dry conditions. He suggested deep planting pockets, protected all round by stones to aid watering. Steep banks often have heavy, compressed lime soils (marne) which suffocate plant roots. Here the only real solution is to identify clay-tolerant plants such as Catananche sp.which will adapt to these conditions.

Une situation difficile et répandue est la rive escarpée, généralement en plein soleil, offrant à la fois des conditions chaudes et sèches. Il a suggéré des poches de plantation profondes, protégées tout autour par des pierres pour faciliter l’arrosage. Les rives abruptes ont souvent des sols calcaires lourds et comprimés (marne) qui étouffent les racines des plantes. Ici, la seule vraie solution est d’identifier des plantes tolérantes à l’argile comme la Catananche, qui s’adapteront à ces conditions.

A rockery on a steep slope, but the result is somewhat kitsch / Rocaille artificielle très kitch
A badly drained lime soil / Sous-sol marneux étanche

Christian then talked about the problem of enclosed village gardens, surrounded by walls, like that of member Eric Legrand. In such gardens air often does not circulate well – in winter the cold air cannot escape and in the summer the garden can over-heat. For a shady area by a north-facing wall, Christian proposed green-leaved plants, either tough evergreens or deciduous subjects. In particular he suggested we avoid trying to grow silver-leaved plants, which detest cold, damp conditions.

Christian a ensuite évoqué le problème des jardins de village clos, entourés de murs, comme celui du membre Eric Legrand. Dans de tels jardins, l’air ne circule souvent pas bien – en hiver, l’air froid ne peut pas s’échapper et en été, le jardin peut surchauffer. Pour une zone ombragée près d’un mur orienté au nord, Christian a proposé des plantes à feuilles vertes, soit des conifères durs, soit des sujets à feuilles caduques. En particulier, il a suggéré d’éviter d’essayer de cultiver des plantes à feuilles d’argent, qui détestent les conditions froides et humides.

Text: Sandra Cooper
Photos: Christian Mistre
Traduction en français: Eric Legrand

Posted by: Christine Daniels on 10th January 2021 at 2:55 pm

Jasmines – a talk by Mylène Bertetto / Les jasmins – une présentation de Mylène Bertetto

Mylène addresses our group

Jasmines are found on all five continents. With 250 species in the world, there is one for every garden situation. Mylène Bertetto, of Pépinière Bertetto, had come here to introduce us to forty of them.

Les jasmins se trouvent sur les cinq continents. Avec 250 espèces dans le monde il y en a pour toutes les situations dans nos jardins. Mylène Bertetto de la pépinière Bertetto, venue nous en présenter une quarantaine.

There can be a jasmine in flower at all times of the year and some species have a very long flowering period. They are suitable for many different garden situations as they can be grown as climbers, creepers, shrubs or attached to a trellis.

Il y a des jasmins qui fleurissent en toute saison, certaines espèces ont une floraison très longue. Par la diversité de leurs formes il y en a pour toutes les situations du jardin, il y a des rampants, des arbustifs, des grimpants et des jasmins à palisser.

Flower colours are white, yellow and pink, and some have deep pink buds which turn white as the flowers open. Some species have elegant star-like flowers, others have round petals and come in single, double or triple forms.

Les couleurs sont blanc, jaune et rose, certains ont des boutons rose, voir bordeaux, qui deviennent blanc en s’ouvrant. Il y a des fleurs élégantes qui ressemblent à des étoiles, d’autres avec des pétales tout ronds, des fleurs simples, doubles ou triples.

Jasmine leaves are also very varied, oval, lanceolate or trifoliate with colours ranging from dark green to the golden yellow of Jasminum officinale ‘Aureum’. Jasminum officinale ‘Inverleith’ has burgundy leaves in autumn, J. polyanthum’ Rubrum’ has brown shoots, J. officinale ‘Argenteovariegatum’ has variegated leaves. There are even species with grey, downy foliage native to Africa, such as J. fluminense ssp. gratissimum and J. abyssinicum, which require particularly dry and well-drained soil.

Les feuilles sont aussi très variées, de forme ovale, lancéolé ou trifolié avec des couleurs qui vont du vert foncé à un jasmin avec les feuilles jaune doré, Jasminum officinale ‘Aureum’ en passant par les feuilles bordeaux en automne pour J. officinale ‘Inverleith’ ou des pousses brunes pour J. polyanthum ‘Rubrum’ et J. officinale ‘Argenteovariegatum’ qui a les feuilles panachées. Il y a même des espèces avec un feuillage gris et duveteux, originaires d’Afrique, J. fluminense ssp. gratissimum et J. abyssinicum, qui ont besoin d’un sol particulièrement sec et drainant.

Jasminum officinale ‘Aureum’
Jasminum officinale ‘Inverleith’
Jasminum fluminense ssp. gratissimum

When we say ‘jasmine’, its fragrance is one of the characteristics we think of first. Each species has a distinct fragrance and a good ‘nose’ can recognise them by their scent. Some jasmines have such an overwhelming fragrance that it’s almost too strong but others are more subtle. Jasminum beesianum and J. x stephanense have an old rose scent and J. azoricum has a fresh citrus scent. A few jasmines have no fragrance at all.

Le parfum est une des caractéristiques auquel on pense quand on dit ‘jasmin’ mais en effet ils ont chacun un parfum distinct et un bon ‘nez’ peut les reconnaître par leurs parfums. Certains jasmins ont un parfum si envahissant que c’est presque trop fort. Il y en a d’autres plus subtils J. beesianum et J. x stephanense ont un parfum de rose ancienne, J. azoricum a un parfum frais d’agrumes. Certains jasmins n’ont pas de parfum.

Jasminum beesianum
Jasminum x stephanense
Jasminum azoricum

Jasmines need sun, good, well-drained soil and an annual dose of fertilizer. They should be watered for the first two years but once established they should manage without watering. Propagation is best done by cuttings, rather than from seeds.

Les jasmins ont besoin de soleil, d’un bon sol bien drainant et d’un apport d’engrais. Il faut les arroser les deux premières années mais une fois bien établis ils peuvent se débrouiller sans arrosage. La propagation se fait plus facilement par boutures que par semis.

Only one species is native to the Mediterranean region, Jasminum fruticans, a shrub with yellow unscented flowers and evergreen foliage. Fortunately, there are many other species that grow well in our gardens and which can withstand very cold weather. If you are lucky enough to garden where there is little risk of frost, the choice of varieties is more extensive.

Dans la région méditerranéenne une seule espèce est présente, Jasminum fruticans, un arbuste avec des fleurs jaunes, sans odeur, à feuillage persistant. Heureusement il y beaucoup d’autres espèces qui poussent bien dans nos jardins et qui peuvent supporter les gels assez forts. Si on a la chance de jardiner où il y a peu de risque de gel le choix des variétés est plus important.

In India and Asia, the flowers of Jasminum sambac are used as an ingredient in jasmine tea. When dried, their thicker petals retain fragrance molecules. J. sambac ‘Belle of India’ is the sacred plant of the goddess Shiva and is planted around temples dedicated to Shiva.

En Inde et en Asie les fleurs de Jasminum sambac sont utilisés dans le thé. Leurs pétales plus épais retiennent les molécules de parfum une fois secs. Le J. sambac ‘Belle of India’ est une plante sacrée dédiée à la déesse Shiva et plantée autour des temples de Shiva.

Jasminum fruticans
Jasminum sambac ‘Belle of India’
Jasminum polyanthum

Some years ago, in the French perfume industry, Jasminum polyanthum, with its exuberant growth, replaced the more traditional Jasminum officinalis (endemic to Esterel) as a rootstock, the graft being J. grandiflorum, the well-known ‘Grasse’ jasmine.

Dans l’industrie du parfum en France, depuis quelques années Jasminum polyanthum, à cause de sa croissance exubérante, a remplacé en porte-greffe le traditionnel J. officinalis endémique de l’Estérel, le greffon étant J. grandiflorum le très connu Jasmin de Grasse.

More information about jasmines and their individual characteristics can be found on the Bertetto website.

Pour avoir la liste des jasmins et leurs détails allez sur le site des Bertetto.

Photos: Pépinière Bertetto and the MGF photo library

Posted by: Christine Daniels on 28th November 2020 at 7:44 pm

Salvias suitable for Mediterranean gardens / Les sauges pour climat méditerranéen

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Notes from a lecture by Frédéric Prévot* / Conclusions d’un exposé par Frédéric Prévot*

Salvia officinalis

There are over 900 species and cultivars of salvias and they can be found growing wild in almost all the countries of the world, except Australia. Salvias are most prevalent in Mexico and Central America, central Asia and the Mediterranean Basin.

On trouve plus de 900 variétés de sauges dans le monde entier, sauf en Australie, le plus en Amérique centrale et Mexique, Asie centrale et Turquie et le bassin méditerranéen.

Salvia microphylla ‘Royal Bumble’

Salvia dorrii (native to California)
Salvia amplexicaulis (fleurit partout en France)

Those suited to a Mediterranean climate need a well-drained stony or sandy soil, any ph, which stays dry in both summer and winter. Salvias prefer full sun, but some species, like Salvia microphylla, will flower in half-shade. They mix well with other plants and, apart from those native to California, which do not like any water at all, are easy to grow in the Midi. Certain species can grow tall and have a tendency to flop over – these can have their stems shortened when they are about 30 cm tall to reduce their height at flowering time.

Propagation methods:

  • by division in spring or early autumn,
  • by cuttings taken from the apex of the plant in February. Keep the young plants moist and warm – around 23°C. Frédéric uses a hormone powder to inhibit top growth and encourage root development.
  • by sowing seeds – sow seeds very soon after they have been gathered, otherwise they become dormant and difficult to use.

Which species to choose?
Most salvia varieties suited to Languedoc and Provence have flowers in pale colours. Varieties from Africa and California (apart from those native to desert areas) are attractive but may not be sufficiently hardy.

Frédéric recommended a number of salvias as being especially suitable for Mediterranean France and these can be found in the Salvias plant list. All are hardy to -15°C unless indicated.

* from the specialist nursery « Les Senteurs du Quercy»

Text: Chantal Maurice

Pour cultiver les sauges dans un climat méditerranéen, il faut un sol drainé, sec en été et en hiver, comme pour les cistes et les lavandes, un sol caillouteux ou sableux, le ph n’est pas très important, une bonne exposition au soleil, même si Salvia microphylla fleurit à mi-ombre dans le midi. Elles ne souffrent pas trop de la concurrence des autres plantes et ne sont pas très difficiles de culture sauf celles qui viennent de Californie. Pour que certaines sauges ne montent pas trop et se ramifient, les pincer plusieurs fois lorsqu’elles ont 30 cm de haut, ainsi, elles sont plus jolies et se couchent moins.

Multiplication : 

  • Division comme pour les herbacées en général au printemps ou début septembre.
  • Bouturage en février de préférence ; maintenir sur couche chaude (23°C est l’idéal) et conserver l’humidité. Partie à sélectionner : apex (le sommet de la plante), pas trop de feuillage. Frédéric emploie une poudre d’hormones pour décourager la repousse et stimuler l’apparition des racines.
  • Semis – une graine fraîche est importante, dès la récolte, sinon les graines se mettent en dormance et c’est très difficile de la lever.

Les variétés
La plupart des espèces méditerranéennes sauvages sont de couleurs claires. Les sauges africaines ne sont pas très rustiques, dommage car elles sont jolies ! Les californiennes ne sont pas très rustiques sauf celles du désert californien.

Frédéric a suggéré un certain nombre de sauges comme particulièrement adaptées à la France méditerranéenne.  Celles-ci peuvent être trouvées dans la liste des sauges recommandées. Tous sont rustiques jusqu’à -15°C sauf indication contraire.

* de la pépinière de spécialiste « Les Senteurs du Quercy»

An article by Liz Runciman, published in the newsletter of the South Australia MGS

Un article de Liz Runciman, publié dans le bulletin de South Australia MGS

These are six very tough salvias that I have in my seaside garden in Myponga Beach. Conditions are harsher and drier than the Adelaide area. They are all from winter rainfall areas of the world, and once established, they don’t need supplementary watering, and are all tolerant of limestone soils. An added bonus is that rabbits will not eat them.

J’ai dans mon jardin en bord de mer (Myponga Beach) six sauges robustes. Les conditions sont plus dures et plus sèches que dans la région d’Adélaïde. Elles sont toutes originaires de régions du monde où les pluies sont hivernales et, une fois installées, elles n’ont pas besoin d’arrosages supplémentaires et sont toutes tolérantes aux sols calcaires. Un avantage supplémentaire est que les lapins ne les mangeront pas.

Salvia aurea

Salvia aurea
This plant was for many years known as S. africana-lutea. It is a shrubby evergreen, with greyish-green foliage, growing to a metre and a half. The flowers vary from orange to rust, and appear all year round. They fade on the plant, retaining their shape and turning light brown, which gives the plant interest in all seasons. It is resistant to strong winds and salt-laden air. I have found it to be a bit of a ‘thug’ unless you keep an eye on it as it self-seeds. Apparently, the leaves make a pleasant tea though I’ve never tried this!
Hardy to -5°C.

Salvia aurea
Cette plante est connue depuis de nombreuses années  sous le nom de S. africana-lutea. C’est un arbuste à feuillage persistant, vert grisâtre, atteignant un mètre et demi. Les fleurs varient d’orange à rouille et apparaissent toute l’année. Elles se ternissent sur la plante, en conservant leur forme et virant au brun clair, ce qui donne de l’intérêt à la plante en toutes saisons. Elle résiste aux vents forts et aux embruns. J’ai trouvé qu’elle était un peu filou, sauf si vous gardez un œil dessus car elle se ressème. Il paraît que les feuilles font un thé agréable même si je ne l’ai jamais essayé !
Rusticité : -5°C

Salvia apiana

Salvia apiana
This is a Californian salvia with large silvery leaves. The plant grows to about a metre or more, and the branches of small white flowers rise above the foliage in the spring. When you brush against it, the leaves release a strong aromatic scent. The soil should be well drained. My plants seem impervious to summer heat.  
Hardy to – 16°C.

Salvia apiana
C’est une sauge californienne aux grandes feuilles argentées. La plante atteint environ un mètre ou plus et les branches couvertes de petites fleurs blanches s’élèvent au-dessus du feuillage au printemps. Lorsque vous le frottez, le feuillage dégage une forte odeur aromatique. Le sol doit être bien drainé. Mes plantes semblent insensibles à la chaleur estivale.  
Rusticité : – 16°C

Salvia chamelaeagna

Salvia chamelaeagna
This is a very tough slow growing salvia with bright green foliage which grows to a metre or more. The bright blue flowers appear from November to May. It is sometimes sold as Salvia ‘African Sky’.
Hardy to -6 to -8°C (-10°C if the soil remains very dry in winter).

Salvia chamelaeagna
C’est une sauge à croissance lente très résistante avec un feuillage vert vif et qui pousse jusqu’à un mètre ou plus. Les fleurs bleu vif apparaissent de novembre à mai. Elle est parfois vendue sous le nom de Salvia ‘African Sky’. Rusticité : -6 à -8°C (-10°C en sol très sec en hiver).

Salvia lanceolata

Salvia lanceolata
A relatively fast-growing shrub, a metre high.  The foliage is grey-green and the flowers an unusual dull rose-red.  It is very long flowering, from September through to June.  It needs a light prune after flowering to keep it tidy.

Hardy to -3°C. This plant is sensitive to the cold but it is easy to propagate from cuttings.

Salvia lanceolata
Un arbuste à croissance relativement rapide, d’un mètre de haut. Le feuillage est gris-vert et les fleurs d’un rouge-rose terne surprenant. La floraison est très longue, de septembre à juin. Il a besoin d’une taille légère après la floraison pour lui garder sa forme.

Rusticité : -3°C. La plante est frileuse mais le bouturage en est très facile.

Salvia muirii

Salvia muirii
A very pretty tough salvia that grows naturally into a round cushion shaped bush. A little light pruning every so often keeps it compact. Its little blue flowers cover the plant throughout the summer. It has tiny olive green leaves.

Salvia muirii
Une très jolie sauge qui forme naturellement un cousin arrondi. Un peu de taille légère de temps en temps le maintien compact. Ses petites fleurs bleues couvrent la plante tout au long de l’été. Elle a de minuscules feuilles vert olive.

Salvia namaensis

Salvia namaensis
Fresh bright green lacy foliage characterises this salvia. It is fast growing, and the pale blue flowers appear from July onwards. It grows to just under a metre. The plants I have are an Australian selection called ‘Finngrove’, which are larger than the species.
Hardy to – 9°C.

Salvia namaensis
Un feuillage dentelé vert vif caractérise cette sauge. Elle pousse rapidement et les fleurs bleu pâle apparaissent à partir de juillet. Elle atteint un peu moins d’un mètre. Les plantes que je possède sont une sélection australienne appelée ‘Finngrove’, qui sont plus grandes que l’espèce.
Rusticité : – 9°C.

Text and Photographs: Liz Runciman

Posted by: Christine Daniels on 27th November 2020 at 7:51 pm

Citrus fruit, and how they conquered the world
Les agrumes, et comment ils ont conquis le monde

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This talk was given by Franck Curk, a specialist in citrus fruit and an agricultural engineer and geneticist at INRAE* in Montpellier.

Une conférence par Franck Curk, ingénieur agronome et généticien à l’INRAE* Montpellier, spécialiste des agrumes.

The large family of rutaceae includes six citrus genera:

  • Microcitrus: which includes lime caviar
  • Eremocitrus: other wild Australian limes
  • Poncirus: the only deciduous citrus, intolerant of alkaline soils, often used as a rootstock.
  • Citrus: oranges, tangerines, lemons, grapefruits, etc.
  • Fortunella: kumquats
  • Clymenia: a little known, wild genus

Dans la grande famille des rutacées, nous distinguons six genres désignés sous le nom d’agrumes :

  • Microcitrus : dont le citron caviar fait partie
  • Eremocitrus : d’autres limes sauvages australiennes
  • Poncirus : le seul à perdre ses feuilles en hiver, n’appréciant pas le calcaire et que l’on utilise souvent comme porte-greffe.
  • Citrus : oranges, mandarines, citrons, pamplemousses, etc.
  • Fortunella : les kumquats
  • Clymenia : genre sauvage peu connu
Citrus australasica syn. Microcitrus australasica
Citrus trifoliata syn. Poncirus trifoliata
Citrus japonica syn. Fortunella japonica

An interesting point – these six genera are all inter-fertile with each other.
So, what characteristics differentiate citrus from other fruits?

Point assez remarquable – ces 6 genres sont tous inter-fertiles entre eux.
Mais quelles sont les particularités qui différencient les agrumes des autres fruits ?

  • The presence of essential oil glands in their skin, flowers and leaves
  • Their internal structure in quarters (even in lemon caviar)
  • La présence de glandes à huiles essentielles dans leur peau, fleurs et feuilles
  • L’organisation interne en quartiers (même dans le citron caviar)

The Citrus genus is the source of the four ancestral species which are the origin of all the citrus fruits grown today, all over the world:

  • Citrus micrantha – papeda (eg yuzu, kaffir lime)
  • Citrus medica – citron
  • Citrus reticulata – mandarin
  • Citrus maxima – grapefruit

Puis, c’est dans le genre Citrus, que l’on retrouve quatre ancêtres fondateurs qui sont à l’origine des agrumes cultivés de nos jours dans le monde entier :

  • Citrus micrantha ou papéda
  • Citrus medica ou cédrat
  • Citrus reticulata ou mandarine
  • Citrus maxima ou pamplemousse

How did these fruits, born in Southeast Asia, conquer the world? Today, more than 130 million tonnes of citrus fruits are produced annually. They belong to the great Rutaceae family and the story begins more than 8 million years ago. Fossilized citrus leaves from this era were discovered in 2009 and 2011 in Yunnan, China.

Comment ces fruits, nés en Asie du Sud-Est ont-ils pu conquérir le monde : plus de 130 millions de tonnes d’agrumes sont produites chaque année dans le monde. Ils font partie de la grande famille des Rutacées et l’histoire commence il y a plus de 8 millions d’années. Des feuilles d’agrumes fossilisées datant de cette époque ont été découvertes en 2009 et en 2011 dans le Yunnan en Chine.

Southeast Asia, stretching from the southern slopes of the Himalayas to Indonesia via China, Vietnam, Thailand and the Malaysian archipelago is therefore considered to be the original cradle of citrus fruits. Their distribution across the rest of the world was relatively recent.

Le Sud-Est asiatique, allant des versants sud de l’Himalaya jusqu’à l’Indonésie en passant par la Chine, le Vietnam, la Thaïlande et l’archipel malais est donc considéré comme le berceau originel des agrumes. Leur diffusion dans le reste du monde est plutôt tardive.

The first citrus fruit to escape from the Sino-Indian region was Citrus medica, described by Theophrastus (371-288 BC) in his ‘History of Plants’. There are several varieties, including the hand of Buddha (Citrus medica var. sarcodactylis), used as a medicine in China, and the Etrog variety, used by the Jews during the feast of Tabernacles. The latter, grown mainly in Italy, Israel and Morocco and shipped worldwide, must be flawless, and can bring 15 euros each to the producer.

Le premier agrume à s’échapper du centre sino-indien sera le cédrat, Citrus medica, et il sera décrit par Théophraste (371-288 av. J.-C.) dans son « Histoire des plantes ». Il en existe plusieurs variétés, dont la main de Bouddha (Citrus medica var. sarcodactylis) qui est utilisé en Chine en tant que médicament et le cédrat Etrog, utilisé par les Juifs lors de la fête des Tabernacles. Ce dernier est cultivé en Italie en Israël et au Maroc notamment, et est expédié dans le monde entier, doit être sans défaut, et peut rapporter 15 euros pièce au producteur.

Citrus medica
Citrus medica var. sarcodactylis

During trade with Asia, from the 11th century onwards, the Arabs introduced citrus fruit to the Mediterranean basin. First the bitter orange (Citrus x aurantium), reported in Persia in 1030, then in Sicily in 1094. Next came the lemon tree (Citrus limon) in the 12th century, and limes (Citrus aurantifolia) in the 13th century.

Ce serait lors des échanges commerciaux avec l’Asie, à partir du XIème siècle, que les Arabes auraient introduit en Méditerranée la bigarade ou orange amère (C. x aurantium), signalée en Perse en 1030, puis en Sicile en 1094, puis le citronnier (C. limon) au XIIe et les limes (C. aurantifolia) au XIIIe siècle.

Citrus × aurantium
The name ‘bigarade’, or Seville orange, comes from the Occitan ‘bigarrada’, and is a bitter, acidic orange full of seeds, a hybrid of grapefruit and tangerine. The tree is used ornamentally in Spain, Italy and North Africa because the fruit remains on the tree for a long time. The flowers are used to produce neroli essential oil and orange blossom water.

Citrus × aurantium
Le nom « bigarade » vient de l’occitan « bigarrada », qui est une orange amère, acide et pleine de pépins, hybride du pamplemousse et de la mandarine. L’arbre est utilisé pour l’ornement en Espagne, Italie, Afrique du Nord car le fruit reste longtemps sur l’arbre. La fleur donne l’huile essentielle de néroli et l’eau de fleur d’oranger.

Citrus x limon
The lemon tree cultivated today, supposedly native to the Mediterranean basin, appeared only relatively recently. It is a hybrid of Citrus × aurantium and Citrus medica. It is a common ingredient in all Mediterranean cuisines.

Citrus x limon
Le citron jaune, supposé originaire du bassin méditerranéen, est apparu relativement récemment, issu d’une hybridation entre le bigaradier et le cédratier, déjà présents en Méditerranée. D’ailleurs, c’est l’ingrédient commun à toutes les cuisines méditerranéennes.

Citrus bergamia
The bergamot orange, a natural hybrid of Citrus × aurantium and Citrus limon is used in eau de cologne, ‘Earl Gray’ tea and sweets called bergamots of Nancy.

Citrus bergamia
La bergamote (Citrus bergamia), dont l’huile essentielle entre dans la composition de l’Eau de Cologne, du thé ‘Earl Grey’, et des bonbons appelés bergamotes de Nancy est issue d’un croisement naturel entre la bigarade et le citron.

Citrus maxima
The true grapefruit, or pomelo, C. maxima, was introduced from Asia by Dutch seamen. They used it as a source of vitamin C and because it could be stored for a long time without rotting. It can be found in Asian grocery stores and sometimes in supermarkets from October to February only. It is larger and heavier than Citrus x paradisi.

Citrus maxima
Le vrai pamplemousse (C. maxima) est diffusé à partir d’Asie par les navigateurs néerlandais qui l’utilisaient comme source de vitamine C et parce qu’il pouvait se conserver longtemps sans qu’il pourrisse. On le trouve dans les épiceries asiatiques et parfois dans les supermarchés d’octobre à février seulement. Il est plus gros et plus lourd que le pomelo (Citrus x paradisi).

Citrus x paradisi
C. x paradisi, the grapefruit found in supermarkets throughout the year, is a hybrid of C. sinensis, the sweet orange, and C. maxima, the pomelo. It wasdiscovered in the Caribbean in the 18th century.

Citrus x paradisi
C. x paradisi, le pamplemousse que l’on trouve dans tous les supermarchés tout au long de l’année est un hybride de C. sinensis (l’oranger) et C. maxima, découvert dans les Caraïbes au XVIIIe siècle.

Citrus aurantium var. myrtifolia
Citrus bergamia
Citrus maxima

Citrus sinensis
According to manuscripts, the orange tree was brought to the Mediterranean basin either by the Genoese (around 1400) or by the Portuguese (in 1548). Whichever is true, the Portuguese are probably responsible for the spread of the orange tree throughout the Mediterranean region since in many languages ​​the orange is called ‘Portugal’. Citrus sinensis is a natural hybrid of pomelo (Citrus maxima) and mandarin (Citrus reticulata). All the varieties of oranges available today are natural mutations selected by man.

Citrus sinensis
L’introduction de l’oranger dans le bassin méditerranéen est attribuée, selon les auteurs, soit aux Génois (vers 1400) soit aux Portugais (en 1548). Quoi qu’il en soit, les Portugais sont surement à l’origine de la diffusion de l’oranger dans tout le bassin méditerranéen, puisqu’en de nombreuses langues, l’orange porte le nom de « Portugal ». L’orange est issue d’un croisement naturel entre deux hybrides pamplemousse/mandarine. Toutes les variétés d’oranges sont issues de mutations naturelles sélectionnées par l’homme.

Citrus reticulata
The mandarin tree did not arrive in the Mediterranean until the 19th century. The first mandarin tree arrived in England in 1805 from China, where it had been cultivated for at least 3000 years. It was a precious fruit reserved for an elite, and was long hidden and protected. The word ‘mandarin’ is linked to the colour of the fruit which recalls that of the dress of Chinese mandarins. Wild mandarins are not very good to eat, but cultivars such as Blida and Clemendor are exceptional. The variety “Cleopatra” grows well in alkaline soils.

Citrus reticulata
Le mandarinier lui, n’est arrivé en Méditerranée qu’à partir du XIXe siècle. C’est en 1805 que le premier mandarinier fut introduit en Angleterre depuis la Chine où il était cultivé depuis au moins 3000 ans. C’était un fruit précieux réservé à une élite qui fut longtemps caché et protégé. Le mot « mandarine » serait lié à la couleur du fruit qui rappelle celle de la robe des mandarins chinois. Les mandarines sauvages ne sont pas très bonnes à manger, par contre, la mandarine de Blida et la Clemendor sont des variétés exceptionnelles. La variété ‘Cléopatre’ supporte très bien le calcaire.

Citrus clementina
The clementine appeared near Oran (Algeria) at the end of the 19th century, in Father Clément’s orchard, from a natural hybridization between a mandarin tree and an orange tree.

Citrus clementina
La clémentine (Citrus clementina) est née à côté d’Oran (Algérie) à la fin du XIXe siècle, dans le verger du Père Clément, d’une hybridation naturelle entre le mandarinier et l’oranger.

Citrus limetta
The limetta, or sweet lime is also said to have arisen in the Mediterranean from a natural hybridization, this time between Citrus × aurantium, the bitter orange, and Citrus medica.

Citrus limetta
C’est également en Méditerranée que les limettes seraient nées d’une hybridation naturelle entre un bigaradier et un cédratier.

Visit:
The citrus collection in the Jardin d’agrumes du Palais Carnolès in Menton.

La Citronneraie, Jardin remarquable since 2008. Report of MGF visit in May 2017 in Past Activities.

Visite à faire :
La collection d’agrumes du parc du palais Carnoles à Menton.

La Citronneraie, Jardin remarquable depuis 2008.  Compte-rendu de la visite MGF en mai 2017 se trouve dans Activités précédents.

See also the article on Citrus australasica by David Bracey: The Australian finger lime / Citron caviar d’Australie.

Voir aussi l’article au sujet de Citrus australasica par David Bracey: The Australian finger lime / Citron caviar d’Australie.

*INRAE is France’s new National Research Institute for Agriculture, Food and Environment, created on January 1, 2020. It was formed by the merger of INRA, the National Institute for Agricultural Research, and IRSTEA, the National Research Institute of Science and Technology for the Environment and Agriculture.

*INRAE, l’institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement est né le 1er janvier 2020. Il est issu de la fusion entre l’Inra, Institut national de la recherche agronomique et Irstea, Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture.

Text : Chantal Guiraud
Photos : MGF image library

Posted by: Christine Daniels on 22nd June 2020 at 8:37 pm

Invasive plants, some personal recollections
Les plantes envahissantes, quelques souvenirs personnels

Weeds, super weeds, exotic weeds, non-native weeds, non-indigenous weeds, invasive weeds and invasives are all terms which have been used to describe invasive plants. Invasive plants rarely receive the attention they deserve. Perhaps this situation is about to change. In 2013 there were a number of articles written on the subject, including a paper presented by Dr E. Marchante on ‘Invasive weeds of Portugal” at the MGS spring conference, an article in the National Geographic journal entitled ‘The weed (tumbleweed) that won the West’. and O. Filippi and J. Aronson’s paper entitled ‘Useful but potentially invasive plants in the Mediterranean region’ which proposes a protocol to aid in the choice of plants for the garden.

Mauvaises herbes, super mauvaises herbes, plantes exotiques, mauvaises herbes non indigènes, invasions de mauvaises herbes ou tout simplement les invasives, autant de termes qui ont été utilisés pour décrire les «plantes envahissantes». Les plantes envahissantes reçoivent rarement l’attention qu’elles méritent. Peut-être cette situation est-elle en train de changer. En 2013, un certain nombre d’articles ont été écrits sur le sujet, dont celui présenté par le Dr E. Marchante sur les «mauvaises herbes envahissantes du Portugal” à la conférence de printemps de la MGS, un article sur “La mauvaise herbe (amarante) qui a gagné l’Occident ” publié dans la revue National Geographic et celui publié par O. Filippi et J. Aronson intitulé Useful but potentially invasive plants in the Mediterranean region qui proposait un protocole pour faciliter le choix des plantes pour le jardin.

Dr. Marchante said that some beautiful plants introduced into our gardens had ‘escaped’ to become invasive and highlighted Erigeron karvinskianus and Ipomoea indica as two examples of many. She said that invasives may become a threat to national biodiversity creating monocultures and killing off native species. Acacia dealbata is a classic example of this type of invasive weed in Portugal.

Dans son article, le Dr Marchante parle de quelques belles plantes introduites dans nos jardins qui s’en “sont échappées” pour devenir envahissantes et dominantes, Erigeron karvinskianus et lpomoea indica en étant deux exemples parmi d’autres. Elle précise que ces “invasives” peuvent devenir une menace pour la biodiversité nationale créant des monocultures et tuant les espèces indigènes. Acacia dealbata est un exemple classique de ce type de mauvaises herbes envahissantes au Portugal.

The European and Mediterranean Plant Protection organisation (EPPO) identifies nearly 100 ‘Invasive Alien Species’ requiring regulation. Reading through these lists I found many weeds that were familiar to me. Plants which I had grown to know and recognise during my career as a weed scientist or Mediterranean gardener including ragweed (Ambrosia artemisiifolia), mimosa (Acacia dealbata), pampas grass (Cortaderia selloana), cruel plant (Araujia sericifera), Jeruslem artichoke (Helianthus tuberosum), angel hair (Stipa tenuissima) and nutgrass (Cyperus esculentus and C. rotundus).

L’Organisation Européenne et Méditerranéenne pour la Protection des Plantes (OEPP) identifie près de 100 “espèces exotiques envahissantes” (IAS) qui exigent une réglementation. En lisant ces listes, j’ai trouvé de nombreuses mauvaises herbes qui m’étaient familières. Des mauvaises herbes que j’avais fait pousser pour les reconnaître et les observer durant ma carrière de scientifique travaillant sur les mauvaises herbes ou de jardinier méditerranéen telles que l’ambroisie à feuille d’armoise (Ambrosia artemisiifolia), le mimosa d’hiver (Acacia dealbata), l’herbe de la pampa (Cortaderia selloana), “plante cruelle”, kapok ou porte-soie (Araujia sericifera), l’artichaut de Jérusalem ou topinambour (Helianthus tuberosus), les cheveux d’ange (Stipa tenuissima) ou le souchet (Cyperus esculentus et C. rotundus).

Ambrosia artemisiifolia
Preben K. Hansen EUPHRESCO project AMBROSIA 2008-09.
Ambrosia artemisiifolia by the roadside
Veronica Sarateanu

I became very familiar with ragweed (Ambrosia artemisiifolia), by 1967, long before it became an invasive. It was a plant which regularly turned up in my weed counts in various crop/weed experiments. It was never a dominant species but it was always present. ‘Ambroisie ‘ has been known in France as a living botanical specimen since 1870. Today it occurs in cultivated crops especially sunflowers, on headlands and on waste ground. It has exploded over the last 30 years, ironically often due to misguided policies such as ‘set-aside’ (fallow land) and the expansion of the subsidised sunflower crop. Today it is a seriously invasive weed in the Rhône valley, especially around Dijon and Lyons. The pollen is very allergenic and may account for all sorts of asthmatic problems. It is considered a serious health threat. In February 2013 the EC published a report ‘Assessing and controlling the spread and effects of common ragweed in Europe ‘. The reports runs to 456 pages for those who wish to read more!

L’ambroisie à feuille d’armoise (Ambrosia artemisiifolia), m’était déjà très familière en 1967, bien avant qu’elle ne devienne envahissante. Je la retrouvait régulièrement dans les cultures de mauvaises herbes qui servaient à mes expériences. Jamais l’espèce dominante, mais toujours présente. L’«Ambroisie» était connue en France comme un spécimen botanique vivant depuis 1870. Aujourd’hui, on la trouve dans les cultures agricoles, en particulier de tournesols, sur les promontoires et dans les terrains vagues. Sa propagation a explosé au cours des 30 dernières années, souvent ironiquement en raison de politiques erronées telles que «mise en jachère» (jachère agricole) et l’expansion de la culture subventionnée du tournesol. Aujourd’hui c’est une mauvaise herbe gravement envahissante dans la vallée du Rhône, en particulier autour de Dijon et Lyon. Son pollen est très allergène, responsable de toutes sortes de problèmes d’asthme. Il est considéré comme une grave menace pour la santé. En Février 2013, la CE a publié un rapport «Évaluation et contrôle de la propagation de l’ambroisie en Europe et ses effets”. Le rapport comporte 456 pages pour les membres qui souhaitent en savoir plus!

Acacia dealbata

Mimosa flowers in January and February on the French Riviera. I was first aware of mimosa early in 1986 when it was offered for sale to raise money for charity. The bright yellow, heavily-scented flowers on offer were too good to refuse especially in a dark, northern European winter. It was only later, living in the south of France, that I saw the other side to this plant. Driving in the foothills of the Pyrénées, close to the coast at Perpignan, there are indigenous forests of oaks now being seriously challenged by Acacia dealbata. This invasive tree is slowly colonising the south of France.

Le mimosa d’hiver commence à fleurir en Janvier et Février sur la Côte d’Azur. J’ai eu mon premier contact avec le mimosa début 1986 lorsqu’il m’a été offert d’en acheter dans le cadre d’une récolte de fonds pour une oeuvre caritative. Jaune vif, aux fleurs très parfumées, l’offre étaient trop belle pour la refuser, en particulier au coeur du sombre hiver nord-européen. C’est seulement plus tard en vivant dans le sud de la France que j’ai vu le revers de cette plante. Répandue sur les contreforts des Pyrénées près de la côte perpignanaise, des forêts indigènes de chênes sont aujourd’hui sérieusement concurrencées par Acacia dealbata. Cet arbre envahissant est en train de coloniser tout le sud de la France.

Cortaderia selloana
…invading urban and rural sites
…envahissant des sites urbains et ruraux

Pampas grass (Cortaderia selloana) was introduced to Europe in about 1874 where it remained ‘quiet’ until perhaps twenty years ago. Up to this time plants were propagated by division. Seed production was limited since female plants were often found on one plant while bisexual flowers were found on another. Californian growers searching for shorter plants and showier plumes started making selections from plants grown from seed. The result was more female plants with showier plumes and an increase in the production of viable wind borne seed. In 2006 we held the MGS AGM at Uzès. On an excursion we passed several isolated tussocks of pampas grass growing close to the town of Tarascon in the Rhône Valley. These were pointed out to members. Grasses produce thousands of wind-borne seeds and pampas grass is no exception. Seeds will disperse down railroad tracks and motorways borne on the wind of passing vehicles. The occasional pampas grass is now common on the Camargue, the delta marsh of the Rhône river and home to flamingos, wild birds, toros and wild white horses.

L’herbe de la pampa (Cortaderia selloana) a été introduite en Europe vers 1874 où elle s’est tenue “tranquille”. Il y a une vingtaine d’années environ, ces plantes se sont propagées par division. Jusque là, la production de semences était limitée puisque les graines femelles se trouvaient souvent sur certains plants alors que les bisexuelles se trouvaient sur d’autres. Des producteurs californiens à la recherche de plantes plus courtes aux panaches plus voyants ont commencé à faire des sélections de plants cultivés à partir de graines. Il en résulta un nombre croissant de plants femelles au panache plus voyant, ce qui accrut la production de semences viables transportées par le vent. En 2006, nous avons tenu l’assemblée générale annuelle du MSG à Uzès. Lors d’une excursion nous avons vu plusieurs touffes isolées d’herbe de la pampa de plus en plus près de la ville de Tarascon dans la vallée du Rhône. Elles ont été remarquées par les membres. Les graminées produisent des milliers de graines transportés par le vent et l’herbe de la pampa ne fait pas exception. Les graines se dispersent le long des voies ferrées et des autoroutes, portées par les courants d’air produit par les véhicules. Initialement assez rare, l’herbe de la pampa est maintenant assez commune en Camargue, dans le delta du Rhône et dans les marais, habitat les flamants, oiseaux sauvages, taureaux et chevaux blancs sauvages.

Araujia sericifera

The aptly named ‘cruel plant’, Araujia sericifera, is a sprawling vigorous vine which I used to grow over a pergola in the Languedoc. I bought it at a famous local nursery since it seemed to fit my requirements: excellent shade, plenty of seasonal interest, quick growing, very perfumed white or pale pink flowers, large pear shaped fruits and the occasional trapped moth for added interest. It turned out to be a plant too far. The milky sap was irritating, it attracted an orange aphid which produced an abundance of sticky honeydews, it grew at an alarming rate and produced fluffy, winged seeds which blew around the garden on the wind, of which we have plenty in the Midi. I can confirm that the seeds are wind-dispersed. It was the following year that I started to see small seedlings springing up in the courtyard garden. These I pulled up, or hoed out. In 2002 I decided that it was a potentially invasive ‘alien’ that should not be encouraged. In 2012 the EPPO classified Araujia sericifera as a ‘potential invader’ in France, Greece, Israel, Portugal and Spain.

Le bien nommée plante cruelle, Araujia sericifera, est une liane tentaculaire vigoureuse que j’ai fait pousser sur une pergola dans le Languedoc. Je l’avais achetée dans une célèbre pépinière locale, car elle semblait correspondre à mes besoins : ombrage excellent, beaucoup d’agréments saisonniers, croissance rapide, fleurs blanches ou rose pâle très parfumées, de grands fruits en forme de poire et parfois, surplus d’intérêt, un piège occasionnel à papillon. Ce plan s’est avéré “aller trop loin”. Sa sève laiteuse était irritante, il attirait une foule pucerons orange qui produisaient en abondance des miellées collantes, il grandissait à une rapidité alarmante et produisait une nuée de graines volatiles qui se sont disséminées dans tout le jardin avec vent dont nous bénéficions grandement dans le Midi. Je peux donc confirmer que les graines se dispersent bien avec le vent. L’année suivante, j’ai commencé à voir des petits plants jaillir jusque dans la cour du jardin. Celles-ci, je les ai arrachées. En 2002, j’ai décidé que c’était une «étrangère» potentiellement envahissante qui ne devrait pas être encouragée. En 2012, l’OEPP classait l’araujia dans les “envahisseurs potentiels” en France, en Grèce, en Israël, au Portugal et en Espagne.

Helianthus tuberosus
Helianthus tuberosus invading the countryside
Veronica Sarateanu

Jerusalem artichoke (Helianthus tuberosus) is a popular root vegetable grown in France where the tuber is known as topinambour. Every kitchen garden has two or three rows and I’ve often wondered why. Jerusalem artichokes are easy to spot as you drive through France. The plants look like stretched sunflowers, 1 to 2 metres tall, with single yellow flowers. The tuber was used as animal feed until the end of the last century and only then became popular as a vegetable for human consumption. When I told my neighbour I was about to plant topinambour he advised against it, saying that it would become a weed which would stay with me for the rest of my life. The smallest piece of tuber left behind after harvest would re-root to produce more tubers and another crop. Does this account for its presence in French gardens? The question then becomes, are we looking at a weed or a crop each time we see topinambour in France, or are they one and the same thing? The EPPO listed H. tuberosus in 2004.

L’Artichaut de Jérusalem (Helianthus tuberosus) est un légume racine populaire cultivé en France dont le tubercule est connu sous le nom de topinambour. Chaque potager en possède deux ou trois lignes et je me suis souvent demandé pourquoi. Les topinambours sont faciles à repérer un peu partout à travers la France. Les plantes ressemblent à de fins tournesols, 1 à 2 mètres de haut avec des fleurs jaunes simples. Le tubercule était utilisé pour l’alimentation animale jusqu’à la fin du siècle dernier et c’est seulement alors qu’il a également été dédié à la consommation humaine. Quand j’ai dit à mon voisin que je m’apprêtais à planter du topinambour il me l’a déconseillé, disant que “ça deviendrait une mauvaise herbe qui m’accompagnerait le reste de ma vie”. Le plus petit morceau de tubercule laissé en terre après récolte reprend racine pour produire plus de tubercules et une nouvelle culture. Est-ce la raison de sa présence dans les jardins français? La question devient alors regardons-nous une mauvaise herbe ou une culture chaque fois que nous voyons un topinambour en France ou sont-elles une seule et même chose? L’ OEPP a listé l’helianthus tuberosus en 2004.

Stipa tenuissima looks good in a group…
Stipa tenuissima a l’air bon dans un groupe.

There are many popular names for Stipa tenuissima including angel hair, Mexican feather grass and pony tail grass. I remember seeing this grass for sale in 2007 and I bought plants in 2008, (I still have the bill), probably when grasses became main-stream. I usually plant in groups of three or more often buying a large mother-plant which I then divide with the help of a knife, secateurs or a spade depending on the species. I remember the plant was tough and dry. The plants were planted in two clumps and I soon noticed a small plant appearing, downwind perhaps, and then another and another. It was pretty obvious that here was another plant with invasive characteristics. If new plants are produced so easily, what will the final result be, especially since stipa is now being widely planted in urban landscapes? Three stipa species including S. tenuissima were added to the EPPO ‘alert’ list in 2009. All are considered to be potential invaders in France and Italy.

… but self-seeds easily
… mais se resème facilement

Il y a beaucoup de noms populaires pour Stipa tenuissima y compris cheveux d’ange, plume, herbe mexicaine ou herbe queue de cheval. Je me souviens avoir vu cette herbe à la vente en 2007 et j’en ai acheté des plants en 2008 (j’ai encore la facture) probablement lorsque les herbes sont devenues à la mode. Je plante généralement en groupes de trois ou plus, achetant souvent une grande plante-mère que je divise ensuite à l’aide d’un couteau, bêche ou sécateur selon les espèces. Je me souviens que cette plante était dure et sèche. Je l’ai plantée en deux touffes et j’ai vite remarqué les petites pousses apparaitre (étaient-elles dans un courant d’air?) et puis un autre et un autre. Il était assez évident que j’avais affaire une nouvelle plante aux caractéristiques envahissantes. Si de nouvelles plantes sont produites si facilement, qu’en sera le résultat final en particulier maintenant que la stipa est largement plantée dans les paysages urbains? Trois espèces de stipa dont Stipa tenuissima ont été ajoutées à la liste «alerte» de l’OEPP en 2009. Toutes sont considérées comme “envahisseurs potentiels” en France et en Italie.

Cyperus esculentus
Blahedo (Own work)
[CC-BY-SA-2.5 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5)]
Cyperus rotundus

I have worked with both, yellow and purple nutgrass, in many crops in many countries. Yellow nutgrass occurs almost as a monoculture in several crops especially maize in East and South Africa. It is one of the world’s most serious weeds largely due to the use of herbicides which are selective to these species. Fortunately I have never experienced nutgrass as a garden weed. I am not quite sure how I would manage, perhaps using solar heating (solarisation) in small areas. Cyperus esculentus was added to the EPPO list of alien invasives in 2004. It is a common weed especially in agricultural crops throughout the Mediterranean basin.

J’ai travaillé avec Cyperus esculentus et C. rotundus, respectivement souchet jaune et souchet pourpre, dans de nombreuses cultures, dans de nombreux pays. Le souchet jaune se comporte presque comme une monoculture dans plusieurs cultures de maïs, en particulier en Afrique de l’Est et du Sud. C’est une des mauvaises herbes les plus répandues dans le monde, son développement étant dû en grande partie à l’utilisation d’herbicides sélectifs sur les espèce. Heureusement, je n’ai jamais introduit de souchet comme plante de jardin d’ornement. Je ne sais pas trop comment je m’en serais sorti, peut-être en utilisant le chauffage solaire (la solarisation) sur de petites zones. Cyperus esculentus a été ajoutée à la liste des espèces exotiques envahissantes de l’OEPP en 2004. C’est une mauvaise herbe commune, en particulier dans les cultures agricoles dans tout le bassin méditerranéen.

Invasive plants often exhibit similar characteristics such as: very many, small seeds with long viability, dispersion by wind, seeds which are attractive to birds, plants which compete well, perhaps an absence of natural predators. Invasive weeds should be treated very seriously. An example is Acacia dealbata which has become a monoculture in some areas of Portugal, completely destroying the local flora and fauna. To put things into perspective there are 3300 native plants in Portugal, 670 alien species and 40 invasive species.

Les mauvaises herbes envahissantes présentent souvent des caractéristiques similaires : de très nombreuses petites graines à longue viabilité, très compétitives, la dispersion par le vent, des graines peut-être attirantes pour les oiseaux, l’absence probable de prédateurs naturels. Les mauvaises herbes envahissantes doivent être considérées très sérieusement. Un exemple est Acacia dealbata au Portugal qui est devenue une monoculture dans certaines régions détruisant complètement la flore et la faune locales. Pour mettre les choses en perspective, il existe 3300 plantes indigènes au Portugal, 670 espèces exotiques et 40 espèces envahissantes.

Educating the public about plant choice is an area where members of societies like Mediterranean Gardening France could be taking a lead. The message is simple – eliminate known invasives and prevent the introduction of new ones.

Éduquer le public sur les choix plantes est un domaine dans lequel la Méditerranean Gardening France peut prendre une part active. Notre message est simple “éliminer toutes les plantes envahissantes et prévenir l’introduction de nouvelles espèces.

It is worth mentioning that there is a school of thought among some scientists that the benefits and harm to biodiversity, human health and the economy from invasive species should be better understood. We can expect further invasive species as a result of global warming. To-date attempts to eradicate them have been very expensive and generally ineffective. The best solution may be to learn to live with them.

Il est à noter qu’il existe une école de pensée parmi certains scientifiques selon laquelle les avantages et méfaits des espèces envahissantes sur la biodiversité, la santé humaine et l’économie doivent être mieux compris. En outre, on peut s’attendre à l’accroissement de ces espèces avec le réchauffement climatique. A ce jour on a tenté de les éliminer mais les moyens mis en œuvre ont été couteux et généralement inefficaces. La meilleure solution reste peut-être “d’apprendre à vivre avec…”

Listen here to Dr. Elizabete Marchante of the University of Coimbra speaking about invasive plants at a conference organised by our partner Mediterranean Gardening Portugal in 2013.

Ecoutez ici la Dr. Elizabete Marchante de l’Université de Coimbre qui parle au sujet des plantes envahissantes à une conférence organisée par notre partenaire Mediterranean Gardening Portugal en 2013.

Text: David Bracey
Photographs (unless otherwise stated): David Bracey & Christine Daniels

Posted by: Christine Daniels on 5th May 2020 at 8:23 pm